jeudi 4 avril 2019

Quand les USA s'intéressent au Brexit

Mercredi dernier, je me suis rendu à New York pour y participer à un incentive. En général, les événements de ce type sont perçus par mes collègues et moi comme un moment sacrés où les problèmes de ce monde sont oubliés. Mais du fait des récents événements, nous avons discuté du sort de l'Angleterre. Le triomphe des Brexiteurs a pris tout le monde de court, et on a encore du mal à l'heure actuelle à distinguer les conséquences. Mais c'est à force de discuter avec certains de mes collègues que j'ai pris conscience que pas mal de gens, ce sont les plus défavorisés qui sont la cause de ces déboires. Ils s'imaginent que les anglais ont été un énième victime du nationalisme, et que ce sont les classes ouvrières qui ont conduit à la sortie de l'Europe. Cependant, si l'on se penche sur les résultats, cette vision est démentie par les faits. De nombreux britanniques de la haute société se sont orientés vers le Brexit pour lutter contre la migration. Les résultats indiquent plutôt que ce Brexit s'est conclu sur une seule question : l'immigration. Et ça n'a en fait pas vraiment bizarre, car c'est cette question qui marque la plupart des élections récentes, des Etats-Unis en Allemagne, ou au Royaume-Uni. Les résultats mettent en évidence que comme toujours dans ce genre de cas, ce sont les citoyens les plus exposés au multiculturalisme qui ont voulu rester dans l'Europe ; et que ce sont les moins exposés ont voté pour la fermeture des frontières. Depuis le vote, des tags prônant l'expulsion des polonais sont même apparus sur certaines vitrines. Il n'y a donc absolument pas un vote des élites versus peuple, comme plusieurs médias l'ont suggéré. Les citoyens britanniques, toutes classes sociales confondues, ont fait le choix de vivre dans leur bulle plutôt que de se confronter aux réalités du monde. Aucune fracture sociale qui a inspiré le vote : c'est une simple manière d'appréhender le monde qui en est responsable. S'il y a eu pas mal de discussions un peu mouvementées lors de ce séjour, cet incentive à New York. Voilà d'ailleurs un lien vers l'agence qui l'a organisé : j'ai surtout adoré l'originalité des animations qui ont rendu le problème britannique soudain beaucoup moins grave. A lire sur le site de In New York.