lundi 28 mai 2018
Le non-recours aux soins des jeunes suivis en mission locale
L’enquête PRESAJE (projet de recherche sur la santé des jeunes mené dans le cadre du Fonds d’expérimentation pour la jeunesse [FEJ]) présente des données quantitatives sur l’état de santé et sur le suivi médical des jeunes inscrits en missions locales sur la base d’un échantillon de près de 1 500 individus. « D’une façon générale, on sait que le suivi médical des jeunes est difficile pour différentes raisons, notamment parce qu’ils ressentent peu le besoin de consulter et ne perçoivent pas l’intérêt d’un suivi m édical régulier a` leur âge. Les professionnels des missions locales rapportent que ce suivi semble plus compliqu e´ encore pour les jeunes qu’ils reçoivent. Plus souvent en rupture familiale (donc moins accompagnés par leurs parents dans leur démarche de soins – même banals – que d’autres jeunes du même âge), relativement isolés, ils méconnaissent largement leurs droits (peu d’entre eux arrivent en [mission locale] en bénéficiant déjà de la CMU complémentaire), leur couverture effective (beaucoup ne savent pas s’ils sont encore ayant droits de leurs parents, ou assurés – ou non – en leur nom propre et a` quel titre) et le fonctionnement du système de soins (l’offre de soins, de prévention, de dépistage, de planification familiale, etc.). […] L’état de sante´des jeunes en insertion socioprofessionnelle apparaît plus souvent dégradé que dans la population générale, en lien avec des facteurs de vulnérabilité socioéconomiques connus en population générale et qui restent discriminants dans cette population jeune et sans emploi. Leur recours aux soins est difficile, souvent en lien avec une couverture sociale insuffisante ou inexistante, une méconnaissance du parcours de soins et d’importantes difficultés financières ». Selon l’enquête PRESAJE, 11 % des jeunes inscrits en missions locales déclarent n’avoir aucune couverture maladie (5 % ne savent pas s’ils en ont une), et 21 % déclarent n’avoir aucune couverture complémentaire santé (9 % ne savent pas s’ils en ont une). Au cours des douze derniers mois, 30 % des jeunes inscrits en missions locales n’ont pas consulté un médecin généraliste et 56 % n’ont pas consulté un dentiste. Par ailleurs, 62 % des jeunes femmes inscrites en missions locales déclarent ne pas avoir de suivi gynécologique régulier.